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 vos coups de coeur et poemes

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mamymum
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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Ven 15 Aoû 2014 - 13:46

 
Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres


 
Étoile de la mer voici la lourde nappe
Et la profonde houle et l’océan des blés
Et la mouvante écume et nos greniers comblés,
Voici votre regard sur cette immense chape

Et voici votre voix sur cette lourde plaine
Et nos amis absents et nos cœurs dépeuplés,
Voici le long de nous nos poings désassemblés
Et notre lassitude et notre force pleine.

Étoile du matin, inaccessible reine,
Voici que nous marchons vers votre illustre cour,
Et voici le plateau de notre pauvre amour,
Et voici l’océan de notre immense peine.

Un sanglot rôde et court par-delà l’horizon.
À peine quelques toits font comme un archipel.
Du vieux clocher retombe une sorte d’appel.
L’épaisse église semble une basse maison.

Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
De loin en loin surnage un chapelet de meules,
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.

Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce on fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire.

Vous nous voyez marcher sur cette route droite,
Tout poudreux, tout crottés, la pluie entre les dents.
Sur ce large éventail ouvert à tous les vents
La route nationale est notre porte étroite.

Nous allons devant nous, les mains le long des poches,
Sans aucun appareil, sans fatras, sans discours,
D’un pas toujours égal, sans hâte ni recours,
Des champs les plus présents vers les champs les plus proches.

Vous nous voyez marcher, nous sommes la piétaille.
Nous n’avançons jamais que d’un pas à la fois.
Mais vingt siècles de peuple et vingt siècles de rois,
Et toute leur séquelle et toute leur volaille

Et leurs chapeaux à plume avec leur valetaille
Ont appris ce que c’est que d’être familiers,
Et comme on peut marcher, les pieds dans ses souliers,
Vers un dernier carré le soir d’une bataille.

Nous sommes nés pour vous au bord de ce plateau,
Dans le recourbement de notre blonde Loire,
Et ce fleuve de sable et ce fleuve de gloire
N’est là que pour baiser votre auguste manteau.

Nous sommes nés au bord de ce vaste plateau,
Dans l’antique Orléans sévère et sérieuse,
Et la Loire coulante et souvent limoneuse
N’est là que pour laver les pieds de ce coteau.

Nous sommes nés au bord de votre plate Beauce
Et nous avons connu dès nos plus jeunes ans
Le portail de la ferme et les durs paysans
Et l’enclos dans le bourg et la bêche et la fosse.

Nous sommes nés au bord de votre Beauce plate
Et nous avons connu dès nos premiers regrets
Ce que peut recéler de désespoirs secrets
Un soleil qui descend dans un ciel écarlate

Et qui se couche au ras d’un sol inévitable
Dur comme une justice, égal comme une barre,
Juste comme une loi, fermé comme une mare,
Ouvert comme un beau socle et plan comme une table.

Un homme de chez nous, de la glèbe féconde
A fait jaillir ici d’un seul enlèvement,
Et d’une seule source et d’un seul portement,
Vers votre assomption la flèche unique au monde.

Tour de David voici votre tour beauceronne.
C’est l’épi le plus dur qui soit jamais monté
Vers un ciel de clémence et de sérénité,
Et le plus beau fleuron dedans votre couronne.

Un homme de chez nous a fait ici jaillir,
Depuis le ras du sol jusqu’au pied de la croix,
Plus haut que tous les saints, plus haut que tous les rois,
La flèche irréprochable et qui ne peut faillir.

C’est la gerbe et le blé qui ne périra point,
Qui ne fanera point au soleil de septembre,
Qui ne gèlera point aux rigueurs de décembre,
C’est votre serviteur et c’est votre témoin.

C’est la tige et le blé qui ne pourrira pas,
Qui ne flétrira point aux ardeurs de l’été,
Qui ne moisira point dans un hiver gâté,
Qui ne transira point dans le commun trépas.

C’est la pierre sans tache et la pierre sans faute,
La plus haute oraison qu’on ait jamais portée,
La plus droite raison qu’on ait jamais jetée,
Et vers un ciel sans bord la ligne la plus haute.

Celle qui ne mourra le jour d’aucunes morts,
Le gage et le portrait de nos arrachements,
L’image et le tracé de nos redressements,
La laine et le fuseau des plus modestes sorts.

Nous arrivons vers vous du lointain Parisis.
Nous avons pour trois jours quitté notre boutique,
Et l’archéologie avec la sémantique,
Et la maigre Sorbonne et ses pauvres petits.

D’autres viendront vers vous du lointain Beauvaisis.
Nous avons pour trois jours laissé notre négoce,
Et la rumeur géante et la ville colosse,  
D’autres viendront vers vous du lointain Cambrésis.

Nous arrivons vers vous de Paris capitale.
C’est là que nous avons notre gouvernement,
Et notre temps perdu dans le lanternement,
Et notre liberté décevante et totale.

Nous arrivons vers vous de l’autre Notre-Dame,
De celle qui s’élève au cœur de la cité,
Dans sa royale robe et dans sa majesté,
Dans sa magnificence et sa justesse d’âme.

Comme vous commandez un océan d’épis,
Là-bas vous commandez un océan de têtes,
Et la moisson des deuils et la moisson des fêtes
Se couche chaque soir devant votre parvis.

Nous arrivons vers vous du noble Hurepoix.
C’est un commencement de Beauce à notre usage,
Des fermes et des champs taillés à votre image,
Mais coupés plus souvent par des rideaux de bois,

Et coupés plus souvent par de creuses vallées
Pour l’Yvette et la Bièvre et leurs accroissements,
Et leurs savants détours et leurs dégagements,
Et par les beaux châteaux et les longues allées.

D’autres viendront vers vous du noble Vermandois,
Et des vallonnements de bouleaux et de saules.
D’autres viendront vers vous des palais et des geôles.
Et du pays picard et du vert Vendômois.

Mais c’est toujours la France, ou petite ou plus grande,
Le pays des beaux blés et des encadrements,
Le pays de la grappe et des ruissellements,
Le pays de genêts, de bruyère, de lande.

Nous arrivons vers vous du lointain Palaiseau
Et des faubourgs d’Orsay par Gometz-le-Châtel,
Autrement dit Saint-Clair ; ce n’est pas un castel ;
C’est un village au bord d’une route en biseau.

Nous avons débouché, montant de ce coteau,
Sur le ras de la plaine et sur Gometz-la-Ville
Au-dessus de Saint-Clair ; ce n’est pas une ville ;
C’est un village au bord d’une route en plateau.

Nous avons descendu la côte de Limours.
Nous avons rencontré trois ou quatre gendarmes.
Ils nous ont regardé, non sans quelques alarmes,
Consulter les poteaux aux coins des carrefours.

Nous avons pu coucher dans le calme Dourdan.
C’est un gros bourg très riche et qui sent sa province.
Fiers nous avons longé, regardés comme un prince,
Les fossés du château coupés comme un redan.

Dans la maison amie, hôtesse et fraternelle
On nous a fait coucher dans le lit du garçon.
Vingt ans de souvenirs étaient notre échanson.
Le pain nous fut coupé d’une main maternelle.

Toute notre jeunesse était là solennelle.
On prononça pour nous le Bénédicité.
Quatre siècles d’honneur et de fidélité
Faisaient des draps du lit une couche éternelle.

Nous avons fait semblant d’être un gai pèlerin
Et même un bon vivant et d’aimer les voyages,
Et d’avoir parcouru cent trente-et-un bailliages,
Et d’être accoutumés d’être sur le chemin.

La clarté de la lampe éblouissait la nappe.
On nous fit visiter le jardin potager.
Il donnait sur la treille et sur un beau verger.
Tel fut le premier gîte et la tête d’étape.

Le jardin était clos dans un coude de l’Orge.
Vers la droite il donnait sur un mur bocager
Surmonté de rameaux et d’un arceau léger.
En face un maréchal, et l’enclume, et la forge.

Nous nous sommes levés ce matin devant l’aube.
Nous nous sommes quittés après les beaux adieux.
Le temps s’annonçait bien. On nous a dit tant mieux.
On nous a fait goûter de quelque bœuf en daube,

Puisqu’il est entendu que le bon pèlerin
Est celui qui boit ferme et tient sa place à table,
Et qu’il n’a pas besoin de faire le comptable,
Et que c’est bien assez de se lever matin.

Le jour était en route et le soleil montait
Quand nous avons passé Sainte-Mesme et les autres.
Nous avancions déjà comme deux bons apôtres.
Et la gauche et la droite était ce qui comptait.

Nous sommes remontés par le Gué de Longroy.
C’en est fait désormais de nos atermoiements,
Et de l’iniquité des dénivellements :
Voici la juste plaine et le secret effroi

De nous trouver tout seuls et voici le charroi
Et la roue et les bœufs et le joug et la grange,
Et la poussière égale et l’équitable fange
Et la détresse égale et l’égal désarroi.

Nous voici parvenus sur la haute terrasse
Où rien ne cache plus l’homme de devant Dieu,
Où nul déguisement ni du temps ni du lieu
Ne pourra nous sauver, Seigneur, de votre chasse.

Voici la gerbe immense et l’immense liasse,
Et le grain sous la meule et nos écrasements,
Et la grêle javelle et nos renoncements,
Et l’immense horizon que le regard embrasse.

Et notre indignité cette immuable masse,
Et notre basse peur en un pareil moment,
Et la juste terreur et le secret tourment
De nous trouver tout seuls par devant votre face.

Mais voici que c’est vous, reine de majesté,
Comment avons-nous pu nous laisser décevoir,
Et marcher devant vous sans vous apercevoir.
Nous serons donc toujours ce peuple inconcerté.

Ce pays est plus ras que la plus rase table.
À peine un creux du sol, à peine un léger pli.
C’est la table du juge et le fait accompli,
Et l’arrêt sans appel et l’ordre inéluctable.

Et c’est le prononcé du texte insurmontable,
Et la mesure comble et c’est le sort empli,
Et c’est la vie étale et l’homme enseveli,
Et c’est le héraut d’arme et le sceau redoutable.

Mais vous apparaissez, reine mystérieuse.
Cette pointe là-bas dans le moutonnement
Des moissons et des bois et dans le flottement
De l’extrême horizon ce n’est point une yeuse,

Ni le profil connu d’un arbre interchangeable.
C’est déjà plus distante, et plus basse, et plus haute,
Ferme comme un espoir sur la dernière côte,
Sur le dernier coteau la flèche inimitable.

D’ici vers vous, ô reine, il n’est plus que la route.
Celle-ci nous regarde, on en a bien fait d’autres.
Vous avez votre gloire et nous avons les nôtres.
Nous l’avons entamée, on la mangera toute.

Nous savons ce que c’est qu’un tronçon qui s’ajoute
Au tronçon déjà fait et ce qu’un kilomètre
Demande de jarret et ce qu’il faut en mettre :
Nous passerons ce soir par le pont et la voûte

Et ce fossé profond qui cerne le rempart.
Nous marchons dans le vent coupés par les autos.
C’est ici la contrée imprenable en photos,
La route nue et grave allant de part en part.

Nous avons eu bon vent de partir dès le jour.
Nous coucherons ce soir à deux pas de chez vous,
Dans cette vieille auberge où pour quarante sous
Nous dormirons tout près de votre illustre tour.

Nous serons si fourbus que nous regarderons,
Assis sur une chaise auprès de la fenêtre,
Dans un écrasement du corps et de tout l’être,
Avec des yeux battus, presque avec des yeux ronds,

Et les sourcils haussés jusque dedans nos fronts,
L’angle une fois trouvé par un seul homme au monde,
Et l’unique montée ascendante et profonde,
Et nous serons recrus et nous contemplerons.

Voici l’axe et la ligne et la géante fleur.
Voici la dure pente et le contentement.
Voici l’exactitude et le consentement.
Et la sévère larme, ô reine de douleur.

Voici la nudité, le reste est vêtement.
Voici le vêtement, tout le reste est parure.
Voici la pureté, tout le reste est souillure.
Voici la pauvreté, le reste est ornement.

Voici la seule force et le reste est faiblesse.
Voici l’arête unique et le reste est bavure.
Et la seule noblesse et le reste est ordure.
Et la seule grandeur et le reste est bassesse.

Voici la seule foi qui ne soit point parjure.
Voici le seul élan qui sache un peu monter.
Voici le seul instant qui vaille de compter.
Voici le seul propos qui s’achève et qui dure.

Voici le monument, tout le reste est doublure.
Et voici notre amour et notre entendement.
Et notre port de tête et notre apaisement.
Et le rien de dentelle et l’exacte moulure.

Voici le beau serment, le reste est forfaiture.
Voici l’unique prix de nos arrachements,
Le salaire payé de nos retranchements.
Voici la vérité, le reste est imposture.

Voici le firmament, le reste est procédure.
Et vers le tribunal voici l’ajustement.
Et vers le paradis voici l’achèvement.
Et la feuille de pierre et l’exacte nervure.

Nous resterons cloués sur la chaise de paille.
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
Le tumulte des voix, le tumulte des pas,
Et dans la salle en bas l’innocente ripaille.

Ni les rouliers venus pour le jour du marché.
Ni la feinte colère et l’éclat des jurons :
Car nous contemplerons et nous méditerons
D’un seul embrassement la flèche sans péché.

Nous ne sentirons pas ni nos faces raidies,
Ni la faim ni la soif ni nos renoncements,
Ni nos raides genoux ni nos raisonnements,
Ni dans nos pantalons nos jambes engourdies.

Perdus dans cette chambre et parmi tant d’hôtels,
Nous ne descendrons pas à l’heure du repas,
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
La ville prosternée au pied de vos autels.

Et quand se lèvera le soleil de demain,
Nous nous réveillerons dans une aube lustrale,
À l’ombre des deux bras de votre cathédrale,
Heureux et malheureux et perclus du chemin.

Nous venons vous prier pour ce pauvre garçon
Qui mourut comme un sot au cours de cette année,
Presque dans la semaine et devers la journée
Où votre fils naquit dans la paille et le son.

Ô Vierge, il n’était pas le pire du troupeau.
Il n’avait qu’un défaut dans sa jeune cuirasse.
Mais la mort qui nous piste et nous suit à la trace
A passé par ce trou qu’il s’est fait dans la peau.

Il était né vers nous dans notre Gâtinais.
Il commençait la route où nous redescendons.
Il gagnait tous les jours tout ce que nous perdons.
Et pourtant c’était lui que tu te destinais,

Ô mort qui fus vaincue en un premier caveau.
Il avait mis ses pas dans nos mêmes empreintes.
Mais le seul manquement d’une seule des craintes
Laissa passer la mort par un chemin nouveau.

Le voici maintenant dedans votre régence.
Vous êtes reine et mère et saurez le montrer.
C’était un être pur. Vous le ferez rentrer
Dans votre patronage et dans votre indulgence.

Ô reine qui lisez dans le secret du cœur,
Vous savez ce que c’est que la vie ou la mort,
Et vous savez ainsi dans quel secret du sort
Se coud et se découd la ruse du traqueur.

Et vous savez ainsi sur quel accent du chœur
Se noue et se dénoue un accompagnement,
Et ce qu’il faut d’espace et de déboisement
Pour laisser débouler la meute du piqueur.

Et vous savez ainsi dans quel recreux du port
Se prépare et s’achève un noble enlèvement,
Et par quel jeu d’adresse et de gouvernement
Se dérobe ou se fixe un illustre support.

Et vous savez ainsi sur quel tranchant du glaive
Se joue et se déjoue un épouvantement,
Et par quel coup de pouce et quel balancement
L’un des plateaux descend pour que l’autre s’élève.

Et ce que peut coûter la lèvre du moqueur,
Et ce qu’il faut de force et de recroisement
Pour faire par le coup d’un seul retournement
D’un vaincu malheureux un malheureux vainqueur.

Mère le voici donc, il était notre race,
Et vingt ans après nous notre redoublement.
Reine recevez-le dans votre amendement.
Où la mort a passé, passera bien la grâce.

Nous, nous retournerons par ce même chemin.
Ce sera de nouveau la terre sans cachette,
Le château sans un coin et sans une oubliette,
Et ce sol mieux gravé qu’un parfait parchemin.

Et nunc et in hora, nous vous prions pour nous
Qui sommes plus grands sots que ce pauvre gamin,
Et sans doute moins purs et moins dans votre main,
Et moins acheminés vers vos sacrés genoux.

Quand nous aurons joué nos derniers personnages,
Quand nous aurons posé la cape et le manteau,
Quand nous aurons jeté le masque et le couteau,
Veuillez vous rappeler nos longs pèlerinages.

Quand nous retournerons en cette froide terre,
Ainsi qu’il fut prescrit pour le premier Adam,
Reine de Saint-Chéron, Saint-Arnould et Dourdan,
Veuillez vous rappeler ce chemin solitaire.

Quand on nous aura mis dans une étroite fosse,
Quand on aura sur nous dit l’absoute et la messe,
Veuillez vous rappeler, reine de la promesse,
Le long cheminement que nous faisons en Beauce.

Quand nous aurons quitté ce sac et cette corde,
Quand nous aurons tremblé nos derniers tremblements,
Quand nous aurons raclé nos derniers raclements,
Veuillez vous rappelez votre miséricorde.

Nous ne demandons rien, refuge du pécheur,
Que la dernière place en votre Purgatoire,
Pour pleurer longuement notre tragique histoire,
Et contempler de loin votre jeune splendeur.

Charles Péguy


Souvenir personnel d'un pélérinage étudiant à Chartres un 15 Août, il y a ...


 flmulti
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mamymum
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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Sam 23 Aoû 2014 - 12:34




Lettre d'Anne Frank du mercredi 13 janvier 1943


                                                                   
Chère Kitty,

Ce matin, on n'a pas arrêté de me déranger et je n'ai pu terminer ce que j'avais commencé. Nous avons une nouvelle occupation, remplir des sachets de jus de viande (en poudre). Ce jus est  fabriqué par Gies & Co ; M. Kugler ne trouve pas de remplisseurs et si nous nous en chargeons, cela revient beaucoup moins cher. C'est un travail comme on en fait dans les prisons, c'est d'un rare ennui et ça vous donne le tournis et le fou rire. Dehors, il se passe des choses affreuses, ces pauvres gens sont emmenés de force jour et nuit, sans autre bagage qu'un sac à dos et un peu d'argent. En plus, ces affaires leur sont enlevées en cours de route. Les familles sont écartelées, hommes, femmes et enfants sont séparés. Des enfants qui rentrent de l'école ne trouvent plus leurs parents. Des femmes qui sont allées faire des courses trouvent à leur retour leur maison sous scellés, leur famille disparue. Les chrétiens néerlandais vivent dans l'angoisse eux aussi, leurs fils sont envoyés en Allemagne, tout le monde a peur. Et chaque nuit, des centaines d'avions survolent les Pays-Bas, en route vers les villes allemandes, où ils labourent la terre de leurs bombes et, à chaque heure qui passe, des centaines, voire des milliers de gens, tombent en Russie et en Afrique. Personne ne peut rester en dehors, c'est toute la planète qui est en guerre, et meme si les choses vont mieux pour les Alliés, la fin n'est pas encore en vue.
Et nous, nous nous en tirons bien, mieux meme que des millions d'autres gens, nous sommes encore en sécurité, nous vivons tranquilles et nous mangeons nos économies, comme on dit. Nous sommes si égoistes que nous parlons d'"après la guerre", que nous revons à de nouveaux habits et de nouvelles chaussures, alors que nous devrions mettre chaque sou de coté pour aider les autres gens après la guerre, pour sauver ce qui peut l'etre.
Les enfants ici se promènent avec pour tout vetement une blouse légère et des sabots aux pieds, sans manteau, sans bonnet, sans chaussettes, sans personne pour les aider. Ils n'ont rien dans le ventre, mais machonnent une carotte, quittent une maison froide pour traverser les rues froides et arriver à l'école dans une classe encore plus froide. Oui, la Hollande est tombée si bas qu'une foule d'enfants arretent les passants dans la rue pour leur demander un morceau de pain.
Je pourrais te parler pendant des heures de la misère causée par la guerre, mais cela ne réussit qu'à me déprimer encore davantage. Il ne nous reste plus qu'à attendre le plus calmement possible la fin de ces malheurs. Les juifs, aussi bien que les chrétiens et la terre entière, attendent, et beaucoup n'attendent que la mort.

Bien à toi,
                                                                                                 Anne.


Extrait du "Journal d'Anne Franck. (elle n’avait que 14 ans).
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mamymum
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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Lun 25 Aoû 2014 - 23:09





Loin des vieux livres de grammaire,
> > > > > Écoutez comment un beau soir,
> > > > > Ma mère m'enseigna les mystères
> > > > > Du verbe être et du verbe avoir.

> > > > > Parmi mes meilleurs auxiliaires,
> > > > > Il est deux verbes originaux.
> > > > > Avoir et Être étaient deux frères
> > > > > Que j'ai connus dès le berceau.
> > > > >
> > > > > Bien qu'opposés de caractère,
> > > > > On pouvait les croire jumeaux,
> > > > > Tant leur histoire est singulière.
> > > > > Mais ces deux frères étaient rivaux.

> > > > > Ce qu'Avoir aurait voulu être
> > > > > Être voulait toujours l'avoir.
> > > > > À ne vouloir ni dieu ni maître,
> > > > > Le verbe Être s'est fait avoir

> > > > > Son frère Avoir était en banque
> > > > > Et faisait un grand numéro,
> > > > > Alors qu'Être, toujours en manque.
> > > > > Souffrait beaucoup dans son ego.

> > > > > Pendant qu'Être apprenait à lire
> > > > > Et faisait ses humanités
> > > > >De son côté sans rien lui dire
> > > > > Avoir apprenait à compter.

> > > > > Et il amassait des fortunes
> > > > > En avoirs, en liquidités,
> > > > > Pendant qu'Être, un peu dans la lune
> > > > > S'était laissé déposséder.

> > > > > Avoir était ostentatoire
> > > > > Lorsqu'il se montrait généreux,
> > > > > Être en revanche, et c'est notoire,
> > > > > Est bien souvent présomptueux.

> > > > > Avoir voyage en classe Affaires.
> > > > > Il met tous ses titres à l'abri.
> > > > > Alors qu'Être est plus débonnaire,
> > > > > Il ne gardera rien pour lui.

> > > > > Sa richesse est tout intérieure,
> > > > > Ce sont les choses de l'esprit.
> > > > > Le verbe Être est tout en pudeur,
> > > > > Et sa noblesse est à ce prix.

> > > > > Un jour à force de chimères
> > > > > Pour parvenir à un accord,
> > > > > Entre verbes ça peut se faire,
> > > > > Ils conjuguèrent leurs efforts.

> > > > > Et pour ne pas perdre la face
> > > > > Au milieu des mots rassemblés,
> > > > > Ils se sont répartis les tâches
> > > > > Pour enfin se réconcilier

> > > > > Le verbe Avoir a besoin d'Être
> > > > > Parce qu'être, c'est exister.
> > > > > Le verbe Être a besoin d'avoirs
> > > > > Pour enrichir ses bons côtés.

> > > > > Et de palabres interminables
> > > > > En arguties alambiquées,
> > > > > Nos deux frères inséparables
> > > > > Ont pu être et avoir été.

“ Yves Dutheil
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mamymum
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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Mer 27 Aoû 2014 - 20:10

Bonsoir ,


Comment nommer autrement ces minutes magiques : un émouvant moment d'amitié !




flmulti
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mamymum
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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Sam 30 Aoû 2014 - 16:52

Il faut de tout pour faire un monde , ce n'est pas nouveau .

Et les jeunes qui nous suivent goutent à des sensations que nous ne connaitrons jamais , sans pour cela oublier les audacieux(euses) qui ont osé dans notre temps .

<<
Les descentes des coureurs du Tour de France vous donnent des frissons ? Cette vidéo de deux skateurs professionnels américains dévalant les pentes des Alpes, fin juillet, devrait vous procurer quelques sueurs froides. Byron Essert et Alex Tongue y bravent les lacets serrés de la route, lancés à toute vitesse, et dépassent facilement des cyclistes amateurs engagés dans la descente.

Lancés à 80 km/h

Leur sponsor Aera Trucks précise, sur la page Facebook où a été publiée la vidéo, que la scène a été tournée en Italie et que la vitesse au compteur était de 80 kilomètres par heure. Des automobilistes apeurés par de telles pratiques ont alerté la police, qui a déjà adressé des amendes à des skateurs, selon Il Gazzettino (lien en italien).



MMM
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Lou celiandra
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Message Sujet: Dis l'enfant    Dim 31 Aoû 2014 - 15:29

je pense que ce sujet est toujours d'actualité.....

merci de m'avoir lu
Celiandra
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http://le-monde-de-celiandra.eklablog.fr
mamymum
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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Lun 1 Sep 2014 - 12:53

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mamymum
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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Mar 2 Sep 2014 - 13:48

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mamymum
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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Mer 3 Sep 2014 - 17:57

L'ancêtre de nos crèches et écoles maternelles :

Voici relatée par l'Illustration du 25 Mai 1844 ( le Match de l'époque ) l'initiative individuelle d' un homme de coeur , à l'origine de nos écoles maternelles.




"
La salle d'asile reçoit l'enfant du pauvre pendant la journée de travail de la mère. Là il est gardé avec soin, surveillé, instruit avec discernement et douceur, il apprend à connaître ses devoirs; il contracte des habitudes pures et paisibles; à l'abri des dangers de l'isolement et de funestes exemples, il croît en force de corps et d'âme. Quand la première éducation de l'enfance a été essentiellement morale, l'impression reçue d'elle ne s'efface pas. Le but des salles d'asile est donc éminemment social, car en préservant les enfants de tous les périls auxquels les expose un affreux abandon, on empêche qu'un jour ils ne deviennent menaçants pour la société. Cette œuvre, si humble dans sa forme, peut donc être immense par ses résultats. Disons comment elle a pris naissance, puis nous exposerons ses développements successifs et sa situation présente à l'étranger, en France et surtout à Paris.

«Dans la partie la plus âpre de la chaîne des Vosges, a dit Cuvier dans un rapport fait à l'Académie en 1829, un vallon, presque sépare du monde, nourrissait chétivement, il y a soixante ans, une population restée à demi sauvage; quatre-vingts familles, réparties dans cinq villages, en composaient la totalité: leur misère et leur ignorance étaient également profondes; elles n'entendaient ni l'allemand ni le français: un patois, inintelligible pour tout autre qu'elles, faisait leur seul langage; des haines héréditaires divisaient les familles, et plus d'une fois il en était né des violences coupables.

Un vieux pasteur, Jean-Frédéric Oberlin, entreprit de les civiliser; et, pour cet effet, en habile connaisseur des hommes, il s'attaqua d'abord à leur misère; de ses propres mains, il leur donna l'exemple de tous les travaux utiles. Leur agriculture une fois perfectionnée, il introduisit différentes industries pour occuper les bras superflus. Il créa une caisse d'épargnes. Dès l'origine il s'était fait leur maître d'école, en attendant qu'il en eût formé pour le seconder. Dès qu'ils aimèrent à lire, tout devint facile; des ouvrages choisis venant à l'appui des discours et des exemples du pasteur, les sentiments religieux, et avec eux la bienveillance mutuelle, s'insinuèrent dans les cœurs; les querelles, les délits disparurent; et lorsque Oberlin fut près de sa fin, il put se dire que dans ce canton, autrefois pauvre et dépeuplé, il laissait trois cents familles réglées dans leurs mœurs, pieuses et éclairées dans leurs sentiments, jouissant d'une aisance remarquable, et pourvues de tous les moyens de la perpétuer.» Voilà les résultats qu'obtint le digne pasteur.

Son principal moyen pour y arriver fut de donner tous ses soins à l'éducation des enfants dès leur plus jeune âge. Il institua, pour les instruire gratuitement, des conductrices que lui-même dirigeait; il établit ainsi, dans cinq villages et trois hameaux, ce qu'on y appela des écoles à tricoter, car les enfants, dés l'âge de quatre ans, y étaient exercés à ce travail. En même temps on les faisait prier de cœur et sans formule apprise; on les exerçait à chanter des cantiques Des images représentant les faits principaux de l'histoire sainte, d'autres reproduisant des plantes, des animaux, servaient à les instruire. Secondé activement par sa femme, le bon pasteur le fut aussi par le dévouement admirable d'une jeune fille,Louise Scheppler,  entrée chez lui comme servante à l'âge de quinze ans. Son zèle et ses nobles élans ne pouvant se renfermer dans une sphère aussi étroite, elle partagea, pendant quarante-sept ans, toutes les peines et tous les soucis de son maître, et fut son plus ferme appui dans toutes ses entreprises. Quand Oberlin mourut, il légua cette excellente et pieuse femme à ses sept enfants qu'elle avait élevés, et il lui légua, à elle, le soin de poursuivre encore après lui leur œuvre commune.

Tout ceci n'était pas l'ouvrage d'un instant, et les difficultés insurmontables qui s'opposaient à ces  occupations en auraient découragé mille autres. D'un côté, le caractère sauvage et revêche des enfants; de l'autre, leur langage, patois qu'il fallait abolir; puis, une troisième difficulté étaient les mauvais chemins et la rude saison qu'il fallait braver. Pierres, eaux, pluies abondantes, vents glaçants, grêles, neiges profondes en bas, neiges tombant d'en haut, rien ne la retenait; et, revenue le soir, essoufflée, mouillée, transie de froid, elle se remettait à soigner mes enfants et mon ménage.» Ce qui s'accomplissait au Ban-de-la-Roche, c'est ainsi que s'appelait ce lieu, fut d'abord ignoré; mais lorsque toute cette contrée fut métamorphosée et régénérée sous le rapport matériel et sous le rapport moral, on reconnut combien avait d'importance le mode d'éducation employé à l'égard des petits enfants.

C'était en 1770 que ce bienfaiteur de l'humanité était parvenu à établir ses écoles.

Trente et un ans plus tard, en 1801. une femme pieuse, se dérobant aux attraits et aux plaisirs du monde, et consacrant ses jours à l'exercice de la charité, entreprit de fonder à Paris le premier établissement destiné à recueillir, pendant les travaux journaliers de leurs mères, les petits enfants au-dessous de quatre ans. Plusieurs accidents cruels, arrivés à des enfants en l'absence de pauvres femmes qui ne gagnant la plupart du temps que vingt-cinq sous par jour, n'en pouvaient donner huit ou dix pour les faire garder, firent naître dans le cœur de madame de Pastoret l'idée des salles d'asile ou d'hospitalité. Elle recueillit dans une chambre de la rue de Miromésnil, et confia pour la journée aux soins d'une sœur hospitalière et d'une bonne femme, des enfants à la mamelle que leurs mères devaient venir allaiter une ou deux fois dans le cours de leurs travaux. L'établissement était pourvu de douze berceaux, de linge, de lait et de sucre; mais il n'y avait que deux femmes, leurs forces furent à bout, et, malgré les vifs regrets de madame de Pastoret, il fallut renoncer à augmenter le nombre des enfants. La pieuse fondatrice éleva tous ceux qui avaient pris place dans ses berceaux, et la salle d'hospitalité fut transformée en une école gratuite qui n'a pas cessé d'exister. Le germe des salles d'asile fut ainsi arrêté dans son premier développement."


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Lou celiandra
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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Mar 9 Sep 2014 - 11:56

Que puis-je....



Que puis -je te donner aujourd’hui,

Demain ou à tout jamais ?

Je vais peut être t’étonner

Mais j’aimerais de faire un cadeau

Très rare de nos jours

J‘aimerais t’ offrir

Ce que l’on donne chez Nous

Dans notre monde à Nous

Dans le Pays d’en Dessous …

C’est un petit trésor inestimable

Que nous gardons toujours

Près de notre cœur

Et  à porter de main

Regarde cette petite boite

C’est une fée qui l’a façonné

Avec de l'ecorce d'un arbousier

Elle y a mis tout son amour .

Soulève délicatement son couvercle,

Il n'y a rien? Mais si regarde de plus près

Autant de fois que tu en auras besoin

Use et abuse de ce qu’il y a dedans

C’est fait pour cela.

Et ce sera dedans tant

Que tu   le désireras.

Par contre si cette « chose »

Un jour s’aperçoit

Que d’elle tu n’as plus besoin

Avant même que tu oses le lui dire

Sur la pointe des pieds

Elle partira très loin

Prends en soin,

Car l’AMITIE qu’elle contient

Ne peut remplacer de nos jours

Aucun bien


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mamymum
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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Ven 12 Sep 2014 - 19:51

Bonsoir ,

Beau poème,Celiandra .

Une vidéo qui peut sembler un peu martiale, mais c'est le style des bagadoù (pluriel de bagad en breton) qui sont les ensembles de musique bretonne , du moins qui rassemblent des instruments de cette musique folklorique (pas tous)

Le petit coté militaire vient du premier bagad formé par les marins militaires bretons professionnels, et qui a maintenant une réputation mondiale : le bagad de Lann Bihoué.
Je viens de le réécouter avec d'autres, et je vois qu'ils s'en eloignent un peu, c'est préférable à mon sens .  

celui là est le vainqueur du Festival de Lorient 2014 . À voir de préférence en grand écran.



 flmulti coeur1er
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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Mer 17 Sep 2014 - 19:34

Un .PPS qui mérite d'être vu , des images seules , l'impression qu'elles laissent en est d'autant plus marquée .




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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Sam 20 Sep 2014 - 18:16




Une journée type à bord d'un sous-marin nucléaire français (ou autre j'imagine) . mais la reporter est restée un mois en plongée !





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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Mer 24 Sep 2014 - 21:53



Pour terminer la journée, un poème peu connu du grand

La Figliola

Moins de vingt ans et plus de seize,
Voilà son âge ; et maintenant
Dites tout bas son nom : Thérèse,
Et songez au ciel rayonnant.

Quel destin traversera-t-elle ?
Quelle ivresse ? quelle douleur ?
Elle n'en sait rien ; cette belle
Rit, et se coiffe d'une fleur.

Ses bras sont blancs ; elle est châtaine ;
Elle a de petits pieds joyeux,
Et la clarté d'une fontaine
Dans son regard mystérieux.

C'est le commencement d'une âme,
Un rien où tout saura tenir,
Coeur en projet, plan d'une femme,
Scénario d'un avenir.

Elle ignore ; elle est gaie et franche ;
Le dieu Hasard fut son parrain.
Elle s'évade le dimanche
Au bras d'un garnement serein.

Il est charmant, elle est bien faite,
Et Pantin voit, sans garde-fou,
Flâner cette Vénus grisette
Avec cet Apollon voyou.

Elle s'ébat comme les cygnes ;
Et sa chevelure et sa voix
Et son sourire seraient dignes
De la fauve grandeur des bois.

Regardez-la quand elle passe ;
On dirait qu'elle aime Amadis
A la voir jeter dans l'espace
Ses yeux célestes et hardis.

Ces blanches filles des mansardes
Aux tartans grossiers, aux traits fins,
Ont la liberté des poissardes
Et la grâce des séraphins.

Elles chantent des chants étranges
Mêlés de misère et de jour,
Et leur indigence a pour franges
Toutes les pourpres de l'amour.


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jackie
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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Jeu 25 Sep 2014 - 0:25


Très joli poème, Céliandra fleurjaune


flmulti  Merci Mamymum, pour tout ce que tu partages ,


j'ai bien aimé tes pps et vidéo


et le poème est très joli . Smile



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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Sam 27 Sep 2014 - 18:10






merci Jackie, j'aime partager et quand ça fait plaisir , je suis doublement récompensée ;

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milout
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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Sam 27 Sep 2014 - 19:41

Bonsoir

Mamymum, merci pour ces vidéos, superbes, un agréable moment.

A+
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mamymum
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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Dim 28 Sep 2014 - 19:42

À l'heure d'IKÉA triomphant on se demande si on est encore capable d'un travail comme celui là :





YouTube aurait-il changé , pour ne donner que le download ?



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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Mar 30 Sep 2014 - 13:54

Le petit nuage


Un petit nuage blanc

Pleurait tout doucement

Le ciel bleu s'approcha

Et demanda tout bas :

Dis-moi petit nuage

Dis-moi, quel est ton âge ?



Le nuage répondit

Tout en séchant sa pluie :

Je viens de l'océan

Et depuis bien longtemps

Je n'ai pas vu ma mer

Cela me désespère

Et je me sens si vieux

En traversant les cieux

Je ne suis qu'un nuage

C'est tellement dommage...



Pourquoi pleurer, nuage ?

Toi au moins tu voyages

Quand ton ami le vent

Te pousse nonchalant

Bien au-dessus des villes

Jusqu'au-delà des îles...

Moi, triste ciel immobile

Pauvre décor inutile

Je regarde l'astre d'or

Qui tourne, tourne encore

Et quand descend la nuit

Ô combien je m'ennuie

De n'être qu'une toile

Où brillent les étoiles

Je suis ciel, pas nuage

C'est tellement dommage...



Quand ils eurent parlé

je me suis éveillé

Et dehors ô merveille

Brillait un beau soleil...


Dans un coin de ciel bleu

Paisible et silencieux

Un petit nuage blanc

Passait tout doucement

Robert Lasnier







Qui se souvient de GPB sur SP ??


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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Mer 1 Oct 2014 - 19:22

Un .PDF très touchant , vraiment .


Amour et chagrin



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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Sam 4 Oct 2014 - 18:44



Comment vivrons les hommes  , en 2050, quand on voit les essais faits aujourd'hui ? l'homme-avion à reaction .







Impressionnant en grand écran !


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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Mar 7 Oct 2014 - 19:40



 pluie3 pluie3 pluie3 pluie3 pluie3


Je cherche à faire réparer un beau parapluie : une baleine cassée. je pensais ne rien trouver , eh bien si :


"1. Lorsque vous achetez un parapluie, vérifiez sa solidité en appuyant sur les baleines: elles doivent résister à la pression.
2. Pour réparer une baleine cassée, remettez les brins face à face et glissez un trombone déplié dans la partie creuse pour les relier ensemble. Ligaturez avec du ruban adhésif.
3. Si le tissu se détache de l'extrémité d'une baleine, réparez provisoirement en insérant un trombone ou une épingle de sûreté à travers la toile, puis dans l'orifice de l'extrémité.
4. Ne rangez pas un parapluie mouillé replié : la toile moisirait.
5. Récupérez un vieux parapluie de couleur claire et peignez la face intérieure avec de la peinture argent en aérosol pour en faire un réflecteur de flash pour vos photos d'intérieur.

Au temps jadis, les ''vrais hommes'' ne portaient pas de parapluie :
Les pharaons égyptiens s'asseyaient sous des parasols de cérémonie dont on disait qu'ils leur apportaient un pouvoir extraordinaire venu du ciel.
Dans la Grèce ancienne et en Chine, les parapluies étaient employés dans les cérémonies religieuses. Au Japon, l'empereur était suivi par un serviteur portant un parasol rouge, symbole du pouvoir absolu.
En Europe, cependant, parasols et parapluies ne furent utilisés que par les femmes, jusqu'à il y a environ 300 ans. Les hommes portaient des chapeaux... et se laissaient tremper.
Porter un parapluie trahissait ainsi votre statut social : cela suggérait que vous ne possédiez pas de carrosse. Une autre bonne raison de ne pas porter de parapluie était que les premiers modèles pesaient environ 4 kg. De plus, le coton huilé n'était pas parfaitement imperméable. Ce ne fut qu'au XVIe siècle, lorsque le pape décida que le parapluie était un signe d'honneur, que les ''pépins'' gagnèrent la faveur de la société européenne. Même alors, le premier Anglais à se servir d'un parapluie, un certain Jonas Hanway, fut la risée du public. Les chauffeurs et les cochers passaient exprès dans les flaques de boue pour l'éclabousser. Lorsqu'en 1778 le dandy à la mode, le ''beau Mac Donald'', commença à porter un parapluie de soie, sa soeur refusa d'être vue en sa compagnie. Il persista cependant et d'autres élégants le suivirent bientôt. Les hommes avaient fini par calculer, que porter un parapluie coûtait beaucoup moins cher que prendre une voiture chaque fois qu'il pleuvait...""

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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Jeu 9 Oct 2014 - 22:08




Vous aimez un fond sonore musical au long de votre navigation ou en faisant des fractales , !

Voilà un site où vous aurez un choix inimaginable



Sur la D , vous avez tous les styles possibles , clic et votre choix , une page s'ouvre ,

sur la G le noms des stations et, en avant de chacune, des icones,  clic sur celle qui suit Flash et une pop up arrive , vous pouvez eneregistrer sous le nom par defaut : playlist , a,b,c...et vous avez des fichiers que vous ouvrez avec VLC ou autre lecteur .




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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Dim 12 Oct 2014 - 21:59


La nature (ou presque) en direct :





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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Lun 13 Oct 2014 - 19:53

Mes joies de l’automne



Plus la saison était triste, plus elle était en rapport avec moi : le temps des frimas, en rendant les communications moins faciles, isole les habitants des campagnes : on se sent mieux à l'abri des hommes.

Un caractère moral s'attache aux scènes de l'automne : ces feuilles qui tombent comme nos ans, ces fleurs qui se fanent comme nos heures, ces nuages qui fuient comme nos illusions, cette lumière qui s'affaiblit comme notre intelligence, ce soleil qui se refroidit comme nos amours, ces fleuves qui se glacent comme notre vie, ont des rapports secrets avec nos destinées.

Je voyais avec un plaisir indicible le retour de la saison des tempêtes, le passage des cygnes et des ramiers, le rassemblement des corneilles dans la prairie de l'étang, et leur perchée à l'entrée de la nuit sur les plus hauts chênes du grand Mail. Lorsque le soir élevait une vapeur bleuâtre au carrefour des forêts, que les complaintes ou les lais du vent gémissaient dans les mousses flétries, j'entrais en pleine possession des sympathies de ma nature. Rencontrais-je quelque laboureur au bout d'un guéret ? je m'arrêtais pour regarder cet homme germé à l'ombre des épis parmi lesquels il devait être moissonné, et qui retournant la terre de sa tombe avec le soc de la charrue, mêlait ses sueurs brûlantes aux pluies glacées de l'automne : le sillon qu'il creusait était le monument destiné à lui survivre. Que faisait à cela mon élégante démone ? Par sa magie, elle me transportait au bord du Nil, me montrait la pyramide égyptienne noyée dans le sable, comme un jour le sillon armoricain caché sous la bruyère : je m'applaudissais d'avoir placé les fables de ma félicité hors du cercle des réalités humaines.

Le soir je m'embarquais sur l'étang, conduisant seul mon bateau au milieu des joncs et des larges feuilles flottantes du nénuphar. Là, se réunissaient les hirondelles prêtes à quitter nos climats. Je ne perdais pas un seul de leurs gazouillis : Tavernier enfant était moins attentif au récit d'un voyageur. Elles se jouaient sur l'eau au tomber du soleil, poursuivaient les insectes, s'élançaient ensemble dans les airs, comme pour éprouver leurs ailes, se rabattaient à la surface du lac, puis se venaient suspendre aux roseaux que leur poids courbait à peine, et qu'elles remplissaient de leur ramage confus.


Les Mémoires d'Outre-Tombe - Chateaubriand
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Message Sujet: Re: vos coups de coeur et poemes    Jeu 16 Oct 2014 - 22:22



heureux heureux

"

Vive l'Europe ! ! !

La Commission européenne a tranché : après la monnaie unique, l' Union européenne va se doter d'une langue unique, à savoir....le français !

Trois langues étaient en compétition : le français ( parlé par le plus grand nombre de pays de l'Union, la France, la Belgique, le Luxembourg), l' allemand ( parlé par le plus grand nombre d'habitants de l'Union ) et l' anglais (langue internationale par excellence ).

L' anglais a vite été éliminé, pour deux raisons : l' anglais aurait été le cheval de Troie économique des États-Unis et les britanniques ont vu leur influence limitée au profit du couple franco/allemand en raison de leur légendaire réticence à s'impliquer dans la construction européenne.

Le choix a fait l'objet d'un compromis, les allemands ayant obtenu que l'orthographe du Français, particulièrement délicate à maîtriser, soit réformée, dans le cadre d'un plan de cinq ans, afin d'aboutir à l'Eurofrançais.

La première année, tous les accents seront supprimés et les sons actuellement distribués entre "s" , "z" , "c" , "k" et "q" seront répartis entre "z" et "k" , ze ki permettra de zupprimer beaukoup de la konfuzion aktuelle. La deuzieme année, on remplazera le "ph" par "f" , ze ki aura pour effet de rakourzir un mot comme "fotograf" de kelke vingt pour zent.

La troizieme année, des modifikations plus draztikes zeront pozibles, notamment ne plus redoubler les lettres ki l' étaient : touz ont auzi admis le prinzip de la zuprezion des "e" muets, zourz éternel de konfuzion, en efet, tou kom d'autr letr muet. La katriem ané, les gens zeront devenus rézeptifs à des changements majeurs, tel ke remplazer "g" zoi par "ch" , zoi par "j" , zoi par
"k", zelon les ka, ze ki zimplifira davantach l' ékritur de touz.

Duran la zinkiem ané, le "b" zera remplazé par le "p" et le "v" zera lui auzi apandoné, au profi du "f" .. Efidamen, on kagnera ainzi pluzieurs touch zur le klafié.

Un foi ze plan de zink an achefé, l'ortokraf zera defenu lochik, et les chen pouron ze komprendr et komunike. Le ref de l'Unite kulturel de l'Europ zera defenu realit ! La réchion la mieu préparé en Europ est....... l'Alzaz. 90 % de la populazion le pratik décha kouramen. Pour les autres ... bonchour l'AnKoiz!!


Kro Pizou a fou touz !


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